A la recherche de l'hydrodynamisme
Chacun d'entre nous cherche à s'améliorer, à se dépasser dans ses techniques et ses déplacements sous marins. C'est là où la recherche de l'hydrodynamisme entre en jeu.
L'eau reste approximativement 800 fois plus dense que l'air. L'un des soucis de l'apnéiste est que ses mouvements dans l'eau sont freinés, et nécessitent par conséquent beaucoup plus d'énergie que leur équivalent sur terre.
Pour se déplacer sous l'eau, il faut beaucoup d'efforts et par conséquent beaucoup d'énergie pour nos muscles. Au niveau cellulaire, cela implique entre autres un régime alimentaire adapté et surtout beaucoup d'oxygène. Notre handicap sous l'eau influe directement notre consommation d'air, et par là même, notre autonomie. Arriver à être plus hydrodynamique, c'est réduire notre frein à l'avancement, nos efforts et notre consommation.
L'hydrodynamisme de l'apnéiste dan l'eau est influencé par les forces suivantes : la gravité (attraction terrestre), la force d'Archimède (force s'opposant à la gravité), la résistance de l'eau (frottements, turbulences), et la poussée (forces exercées par l'apnéiste : portance, propulsion pour avancer et divers efforts inutiles au déplacement).
Premièrement, la technique est très importante. J'accorderai une grande part à cet aspect indispensable. Pour ma part c'est Le point clé qui permettra d'aller vite sous l'eau tout en s'économisant.
Tout le monde est fasciné par l'économie de mouvements et la facilité de déplacement de créatures marines telles que les requins. Les corps sont profilés, les mouvements minimes et tout semble tourner vers un but unique : l'efficacité et le rendement. Pour celui qui utiliserait la nage en monopalme et je ne m'occuperai uniquement de celle là car j'estime le rendement meilleur et le sujet de cet article approprié pour cette nage. Le mouvement ondulatoire en monopalme peut se décomposer en deux phases consécutives : descendante et ascendante. Les deux phases ne sont pas équivalentes et par conséquent le mouvement n'est pas symétrique. Les muscles type quadriceps, psoas, abdominaux sont des muscles bien plus puissants que les muscles participant à la remontée de la monopalme type ischio-jambiers, paravertebraux. Brièvement, le mouvement par du bassin, l'axe tronc tête bras devant rester parfaitement profilé, mais pas rigide, de façon à minimiser les résistances hydrodynamiques. Les bras doivent être bien allongés, les épaules renferment la tête au dessus des oreilles et les fixent. Le regard du nageur est dirigé vers le bas. Cela nécessite bien sur une certaine souplesse articulaire notamment de la chaîne postérieure. Ainsi un mouvement ondulatoire correctement exécuté doit inclure une remontée active de la monopalme. De nombreux monopalmeurs débutants ne respectent pas cette règle et laissent leur monopalme progresser mollement vers le haut. Ceci est le résultat direct d'un manque de travail technique en surface. Pour la discipline du dynamique en particulier, je pense qu'il est nécessaire de travailler la technique non pas en surface mais plutôt sous l'eau entre deux eaux et muni d'un scaphandre d'immersion. Les forces exercées sur l'apnéiste sont les même dans cette discipline de la nage avec palme IS (immersion scaphandre) qu'en apnée dynamique palme.
Les mouvements de l'apnéiste devront être lents et amples de manière à s'économiser. Le palmage doit être lent. L'efficacité ne réside pas dans la fréquence des coups de palmes, mais plutôt dans leur rendement. Il faut travailler à l'économie et laisser à la palme le temps d'accomplir tout son mouvement. Il est parfois plus efficace, et moins fatigant, de laisser quelques secondes entre chaque coup de palme, mettant cet instant à profit pour glisser un peu sur son élan aquatique.
Deuxièmement, le matériel
Le lestage a une influence directe sur la position du corps ; pas assez lesté, il faudra palmer en permanence pour rester au fond. Trop lesté et il faudra palmer pour ne pas descendre. Mieux vaut exploiter au maximum l'équilibre du corps sous l'eau, plutôt que de vouloir lutter contre des lois physiques dont la seule joie semble de vouloir nous faire gaspiller des litres d'air.

Troisièmement, l'autonomie déterminée en partie par la capacité pulmonaire mais pas seulement.
Même si l'hydrodynamisme dépend en partie de la morphologie de l'individu et de sa technique, un apnéiste qui résiste mieux à l'hypoxie aura plus de décontraction dans l'effort et de facilité donc.
L'exemple de Redha Taïar sur la recherche concernant l'amélioration de l'hydrodynamisme.
Maître de conférence au laboratoire d'analyse des contraintes mécaniques de l'Université Reims Champagne Ardenne (URCA), Redha Taïar, s'apprête à reconduire pour trois nouvelles années un partenariat avec Arena qui l'associe aux plus grands nageurs mondiaux.
Il a conçu des combinaisons de haute technologie, portées notamment par le recordman du monde Alexander Popov ou les nouvelles étoiles françaises, Laure Manaudou et Malia Metella. Ces combinaisons sont destinées à optimiser la vitesse de pénétration du nageur dans l'eau, par réduction de frottements.
Sources :
Contact Redha Taïar : redha.taiar@univ- reims.fr
www.univ-reims.fr/UFR/STAPS
Pour la partie technique : « la technique de nage en monopalme » de B. Grammaticos.
Diverses recherches