Caribu Maore 1ère partie
Photo Bruno Beauverger

Bienvenue à Mayotte comme s'intitule cet article.
Arrivé sur mayotte le 5 mai, depuis le ciel, l'île apparaît déjà sauvage, un relief adouci,l'île contraste avec des petits pics restes d'un passé volcanique (le plus haut : le mont Choungui Alt 600 mètres). Je suis ravi car c'est une île comme je les aime, c'est à dire : SauvagE.
Les couleurs se chevauchent, le bleu azur de l'océan s'enchevêtre avec le bleu turquoise puis le vert. J'aperçois vue du ciel la barrière de corail qui entoure l'île, puis bientôt je découvre les nombreuses passes, des plages somptueuses et immenses, par endroit discrètes, à l'intérieur du lagon ont élu domicile une multitude d'îlots riches en végétation.
Mayotte est le plus grand lagon au monde, et c'est aussi un des plus riche. L'île est déjà partiellement protégée et les zones d'espaces naturels se sont accrus depuis ces dernières années. Le projet de réserve naturelle du lagon est une opération ambitieuse concernant près de 12000 hectares soit environ 10% de la superficie totale du lagon. Il sera composé de 6 ou 7 portions de lagon choisies pour leur diversité (récif frangeant, interne, barrière, herbiers) et leurs habitats remarquables, mais je reviendrai prochainement sur le sujet.
Il me tardait d'écrire cet article, quand bien même il était écrit pas longtemps après mon arrivée que le plus dur restait à faire pour le mettre en ligne sur mondebleu. Je vous dévoile, à travers ces quelques brides, la beauté d'une île sauvage avant tout. Ca va faire bientôt 1 mois que je suis à SADA, un petit village situé sur la côte Ouest de l'île, à 20 Km de MAMOUDZOU. Dès que j'ai du temps de libre la mer est mon unique jeux et mon appareil photo, le témoin privilégié de scènes fantastiques que j'ai vécu jusque là. Désormais je ferai mon possible pour que chaque article publié sur mondebleu soit systématiquement accompagné d'une de mes photos. Ce sera également pour moi l'ocassion d'être soumis à la critique. Alors pas de quartier ! c'est comme ça qu'on progresse, lâchez vous !
Mayotte est géographiquement l'île la plus à l'est de l'archipel des Comores, à l'entrée nord du canal du Mozambique. Ile volcanique aux formations récifales très diversifiées, elle est encerclée par un récif barrière d'environ 200 kilomètres de longueur, et de 800 à 1500 mètres de large. Ce récif délimite un lagon d'environ 1125 km2 dont la profondeur maximale atteint les 80 mètres. Certaines p
arties de la barrière, notamment dans l'ouest et le nord ouest, sont immergées sous quelques mètres d'eau et ne possèdent pas de platier à découvert à marée basse. Cette barrière est également interrompue par des passes (grande passe de l'ouest, passe en S, passes de Saziley), parfois étroites et sinueuses et véritables témoins d'un ancien réseau hydrographique ennoyé.
Mayotte est la forme francisée pour désigner l'île, issue du Swahili « Maote ». C'est une collectivité territoriale française et la ville de Mamoudzou en est la capitale.
La langue usitée sur l'île est le shimaore, plus que le français. Le peuple maorais est à 95% de religion musulmane, les écoles coraniques sont nombreuses, là on y enseigne un Islam modéré.
L'économie de Mayotte repose sur quelques entreprises, un peu d'éco tourisme, la culture de la banane et un peu de pêche. Ici vous ne verrez pas d'énormes chalutiers qui ratissent les fonds et puisent dans des stocks déjà fortement fatigués. La pêche reste locale et nombreux sont les pêcheurs possédant comme unique moyen de transport une pirogue.
Préexiste sur cette île un éco tourisme loin des buildings Italiens ou américains aux plages privés. Vous pourrez vous logez aisément dans un petit faré en bord de plage avec vue imprenable sur le lagon pour la modique somme de 40 euros la nuit en demi-pension. La vie n'est pas chère à condition de rester local et d'aimer le poisson . Je vous conseille les brochettes de poisson excellentes et les brochettis de poulets (brochettes de poulets), les bouénis (nom donné pour désigner une femme) sont nombreuses assises au bord de la route, elles vous proposent essentiellement des fruits (coco, bananes...), légumes, et boissons.
Quand aux loisirs, hormis la randonnée et la plongée, ils sont inexistants. En somme, c'est une île pas très développée, limite bidonville par endroit.
Sorti du contexte loisir, mon boulot me permet également de constater des situations dramatiques ou la clandestinité est nécessaire pour vivre et l'illégalité reine sur Mayotte. 
La tradition orale rapporte que deux arabes venant de la mer rouge ou du golfe persique accompagnés de leurs épouses, de leurs enfants et de leurs domestiques et poussés peut être sur les côtes par une tempête, auraient émigré à Mayotte au moyen d'un boutre, à la recherche d'un endroit paisible. Cet événement se serait passé dix siècles avant Jésus Christ. Ils furent frappés par toutes sortes de maladies qui firent des ravages au sein de ces familles, tuant de nombreux enfants. Furieux, et trouvant l'endroit inhospitalier, ces Arabes auraient quitté Mayotte pour une autre destination et l'auraient baptisée « Mawt », ce qui signifie « la mort ».
Depuis les années 70 que Mayotte est devenu terre française, elle n'a cessé d'être idolatrée par les comoriens et anjouanais attirés comme ils le disent eux même par un eldorado. Une terre d'accueil où l'on peut facilement travailler et gagner beucoup mieux sa vie qu'en restant aux Comores. Du coup les candidats sont nombreux a tenter leur chance pour traverser les quelques 60 kilomètres qui séparent les Comores de Mayotte. Les passeurs ne reculent devant rien face à la telle demande, ils surchargent des cossa cossa (embarcations de bois de 7-8 mètres faiblement motorisées) et n'hésitent pas à balancer par dessus bord et durant le trajet, le bétail, les hommes, femmes, enfants et bébés au moindre problème ou simplement à l'approche des vedettes de la marine et gendarmerie. Nombreux sont ceux qui n'ont jamais vu le rivage tant espéré. Ici, pour les Anjouanais et les Comoriens la vie n'a pas de prix et je m'en rend compte tous les jours. Pour ces gens là, rester à Mayotte c'est vivre dans la clandestinité pour vivre mieux. Mayotte depuis qu'elle est française lutte comme elle peut et tente de freiner l'hémorragie en stoppant ces arrivées massives de Comoriens mobilisant fortement l'armée, et sur réquisition les services de polices, douanes et les affaires maritimes. Ici, on parle en quotas et chaque année ce sont près de 13000 immigrés clandestins reconduits dans leur pays par avion ou bateau. Cependant, la vie n'est pas rose pour ces comoriens, ils sont exploités sur des chantiers ou à diverses taches moyennant un faible salaire quand bien même ils ne sont pas payé par les maorais qui les exploitent ni plus ni moins. Alors, ils sont nombreux, ces clandestins, à se porter volontaires auprès des services de police et gendarmerie afin d'y être expulsé sans frai. Aussi bizarre qu'il puisse paraître, ainsi va la vie à Mayotte.
Voilà pour la présentation de l'île.
A venir, le récit de mes premières plongées et journées passées en mer à la découverte des cétacés, tortues marines, poissons tropicaux, récifs coralliens...le tout agrémenté de mes propres photos, enfin !
Bonnes bulles, à bientôt :o)
Désolé pour l'attente mais l'accès à Internet n'est franchement pas évident là où je me situe.