Caribu Maore 3ème partie
Photo Bruno Beauverger - Corail, récif frangeant à Mayotte
Caractéristiques générales des 3 grands types de formations récifales à Mayotte.
Le récif frangeant
La grande terre de Mayotte est ceinturée sur la plus grande partie de son littoral par un récif corallien frangeant. Plus au large, la barrière récifale délimite un lagon dans lequel baignent quelques récifs internes, le récif frangeant restant le plus exposé aux impacts anthropiques divers venant des terres émergées.
Il représente la transition avec le bord externe du platier. Les scléractiniaires dominants appartiennent à la famille des Pocilloporidae, ainsi qu'au genre Acropora (espèces de grands plateaux coralliens). La profondeur de ce récif varie de quelques mètres jusqu'à plus de 30 mètres par endroits avec la formation de tombants splendide notamment à la point Ouest de Boueni.
La barrière interne
Appelée parfois double barrière, la barrière interne se présente sous la forme de 3 segments de récifs s'étendant successivement depuis la pointe de N'Gouja jusqu'à la pointe méridionale de l'île. La largeur de celle ci peut atteindre 10 à 15
mètres. Cette barrière interne est un phénomène morphologique plutôt rare à l'échelle mondiale, elle constitue une caractéristique particulière des récifs coralliens mahorais. Les contreforts bioconstruits peuvent être soit de simples avancées vers le large de l'édifice récifal proprement dit, soit être partiellement détachés de ce dernier, ou enfin se présenter sous la forme de tours ou pinacle de forme irrégulière de quelques mètres de diamètre, complètement détachés du reste de la formation récifale. Ces pinacles s'élèvent depuis des profondeurs de 20 à 25 mètres jusqu'au voisinage de la surface. Leurs tombants présentent de nombreux encorbellements, auvents, surplombs et cavités.
La barrière externe
D'une longueur de 235 Km, ce sont des récifs typiquement frangeants qui se sont développés de façon presque continue. Cette zone est caractérisée par l'abondance et la forte dominance de 2 espèces, Acropora hyacinthus et Acropora clathrata, dont le recouvrement de ces récifs représente 80%.
Cette barrière externe est soumise à une forte énergie hydrodynamique (déferlement des houles et des marées, courants), au m
ême titre que le récif frangeant.
Les récifs coralliens de Mayotte présentent une grande diversité de types morphologiques qui entraîne l'existence de biotopes coralliens très variés. Cette barrière avait beaucoup souffert de l'épisode de blanchissement de 1998 dû au phénomène El Nino, surtout dans la partie orientale avec une mortalité corallienne dépassant 90% entre 0 et 10 mètres. Ces récifs sont aujourd'hui en voie de restauration. Mais une autre menace s'installe sûrement à long terme. Cette menace c'est encore l'homme. Les impacts résultant des activités humaines sont la menace principale pesant sur les récifs internes et frangeants notamment. Les résultats sont inquiétants à long terme car les suivis de l'état de santé de ces récifs effectués depuis 1989 indiquent une diminution du taux de couverture par les coraux.
Cette dégradation pose de façon urgente le problème de la gestion et de la protection de la ressource récifale mahoraise.
Source :
Univers Maoré (revue des naturalistes, historiens et géographes de Mayotte) – Océan indien.